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Les petits récits

Les abeilles

Mon amour pour les insectes, oiseaux et animaux de tous poils a ses limites et je pratique la règle du "chacun chez soi" : à eux le jardin, à moi la maison. Malheureusement cette règle n'est pas toujours respectée car une des cheminées leur plaît particulièrement.

Pendant plusieurs années, au tout début du printemps, des choucas ont essayé d'y faire leur nid et l'ont inlassablement remplie de branches, branchettes, touffes de poils de vache et autres matériaux que je ramassais par paniers entiers deux étages plus bas. Pour les décourager une sorte de chapeau a été posée. Quelle aubaine pour la superbe Dame Blanche (Typo alba, Effraie des clochers) qui a trouvé là une demeure à sa taille. Nous avons passé un hiver ensemble ce qui m'a permis de tout apprendre sur son régime en examinant les pelotes de rejection qu'elle me laissait chaque jour. À part cela c'était une locataire très discrète et lorsque, au printemps, elle est partie chercher un compagnon, je l'ai d'autant plus regrettée que les abeilles ont vite investi les lieux.

Abeille mellifèreEn effet chaque année, début mai un essaim choisit de s'installer dans cette cheminée. En 2004, par chance, il faisait plus de 33° C le jour de leur arrivée et après être restées agglutinées en grappe autour de la reine, les abeilles ont dû s'étaler, formant des plaques sur les ardoises brûlantes. Finalement, elles ont préféré déménager dans la ruche appât que le sympathique apiculteur du village avait  préventivement déposée sur une des ouvertures de l'appentis et grâce à laquelle il a pu récupérer l'essaim.


Essaim s'engouffrant dans la cheminéePrudente, j'avais fait fermer le conduit et me croyais bien à l'abri ce 1er mai 2005 lorsque j'ai entendu le vrombissement caractéristique de l'essaimage. J'étais au jardin, appareil photo à la main, un gros nuage noir approchait en zigzaguant juste au-dessus des arbres ; sans bouger j'observais les milliers d'individus qui allaient le traverser et disparaître vers le petit bois mais tout à coup le nuage m'a entourée et... volte-face, les abeilles se sont engouffrées dans la cheminée. Il a suffit d'un petit trou de quelques millimètres pour que tout recommence, et ce fut pire !

Une fois la reine installée à l'intérieur il fallait que les ouvrières puissent rapidement aller et venir. L'ouverture était bien trop petite pour être pratique, en revanche tout en bas du conduit elles apercevaient de la lumière, elles sont donc ressorties... dans le salon !  Cette fois ni fumée, ni ruches appâts, ni même faire le noir pendant 3 semaines n'ont réussi à leur faire emprunter un autre passage. Seule l'intervention d'un couvreur en combinaison protectrice et, malheureusement, l'utilisation d'un poison en est venu à bout.
Ce couvreur, consciencieux et habile, est parvenu à réouvrir le haut de la cheminée et à en retirer une partie des rayons sans les briser. Grâce à lui j'ai pu admirer comment était construite cette ruche et observer en détail larves et nymphes.

Pour découvrir ce que contenaient ces rayons cliquez sur la photo.

Gateaux de cire
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