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De la friche au jardin - 3 : premiers travaux.


Automne 98.
Pour la dernière fois je fais appel à des bras extérieurs afin de planter les haies. Devant il y a certes le passage vers la porte d'entrée «principale» mais personne ne l'utilise. Je veux simplement quelque chose de fleuri, sans entretien (j'aurai assez de travail avec le jardin) et juste assez haut pour cacher les trois panneaux indicateurs sans masquer la vue sur l'étang. Pas question de m'enfermer, je tiens à mon rendez-vous du matin avec le héron cendré, sentinelle fidèle. Comme je connais leur vigueur et aime leurs petites églantines changeantes, j'opte pour une haie de rosiers 'New-Face' bordés d'une rangée de Nepeta 'Six Hills Giant'.
Pendant que les jardiniers creusent les tranchées je plante le long de la façade un rosier liane 'Suzon' et dans les deux plates-bandes qui encadrent la porte d'entrée des Orangers du mexique (Choisya) dont les racines seront régulièrement mangées par les mulots ou surmulots. Pour faire chanter le mauve de la Glycine, je choisis des Euphorbes Chariacas glauques et anisées. Il reste encore beaucoup de place mais c'est un peu moins nu, je compléterai plus tard.

A l'arrière, je fais planter une haie champêtre mixte composée entre autres de Seringats, Groseilliers à fleurs, Weigelias, Forsythias, Lauriers... interrompue çà et là par les frênes, sapins et chênes existants. Le long de l'autre petite route le terrain est à l'ombre des arbres d'un petit bois et plus humide. Après le vieux garage la haie sera uniquement composée d'Eleagnus ebbengei. Je connais les qualités de cet arbuste persistant increvable. Le revers argenté de ses feuilles va éclairer l'ombre et, si ses fleurs sont quasi invisibles, leur parfum en fin d'automne est puissant.

Après des mois de plans et croquis divers, il est temps de passer aux travaux pratiques. Le projet prend tournure. J'arpente le terrain, munie d'un décamètre souple, de piquets et de cordeaux. Je mesure et remesure, tends des fils afin de vérifier le bien-fondé de mes idées. Heureusement que je me souviens de cette vieille règle des "3-4-5" car tracer des parallèles sur une longue distance n'est pas si simple ! La perspective fausse tout et j'ai toujours l'impression de me tromper.

Étant donné sa taille le jardin va comporter plusieurs zones. En face des fenêtres et portes-fenêtres, commençant à la hauteur du chêne et finissant au niveau de l'appentis nord, celle que j'appellerai « le premier jardin » : un espace plus intime, à demi clos, pelouse entourée de plates-bandes mixtes, arbustes, rosiers, vivaces. Au sud, un petit verger. Au nord une autre zone de rosiers arbustifs hauts et d'arbustes entre lesquels il fera bon se promener - un jour peut-être, car pour le moment tout est uniquement photographié dans ma tête ! Dans le fond une large bande va rester (pour quelques années sans doute) simplement engazonnée. Je n'ai ni les moyens ni la force de tout faire alors je vais simplement commencer par y planter quelques arbres, en évitant le saupoudrage qui pourrait gêner un aménagement futur et ne faciliterait pas les tontes.

En novembre des cordes s'entrecroisent partout au-dessus de la pelouse. L'effet est curieux mais je visualise les dimensions de mes plates-bandes et vais pouvoir commencer à planter quelques arbustes.
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